Entre 2022 et 2024, l’inflation a particulièrement touché les produits alimentaires, révélant une crise structurelle du système agroalimentaire.
Cette situation résulte de plusieurs facteurs combinés : crise agricole, spéculation sur les denrées alimentaires, enjeux de qualité nutritionnelle, mais aussi pressions environnemen tales. L’ensemble de ces dynamiques a conduit à une forte augmentation du coût de l’alimentation, avec des conséquences directes sur les ménages les plus fragiles.
Pour l’action sociale communale, cela s’est traduit par une hausse significative des demandes d’aide alimentaire, et par le développement d’initiatives locales, dont certaines avaient déjà émergé lors de la crise COVID en 2020.
Les CCAS ont souvent été en première ligne pour accompagner ou coordonner ces réponses, en soutenant par exemple la mise à disposition de locaux, de moyens logistiques pour la collecte, ou encore la création d’épiceries sociales.
Si l’on observe actuellement une stabilisation des prix, les risques de nouvelles hausses restent élevés.
Plusieurs facteurs structurels laissent craindre une reprise de l’inflation alimentaire :
- fluctuation des marchés agricoles,
- dérèglement climatique,
- augmentation de la demande mondiale,
- exigence croissante en matière de qualité,
- pollution de l’eau nécessitant des traitements coûteux, etc.
Les ménages les plus modestes, premières victimes
Dans ce contexte, les ménages les plus modestes seront, une fois encore, les premières victimes de ces tensions sur les prix. Les collectivités territoriales prennent progressivement la mesure de ces enjeux, notamment à travers l’élaboration de Plans Alimentaires Territoriaux (PAT).
Les CCAS y ont un rôle central à jouer, car au delà des enjeux de qualité, ils sont confrontés à des réalités de besoins alimentaires quantitatifs non couverts. La fracture sociale s’élargit entre ceux qui ont les moyens de garantir une alimentation suffisante et équilibrée à leur foyer, et ceux qui deviennent dépendants des dispositifs de distribution alimentaire.
Par ailleurs, les travaux du Compas mettent en lumière une inégalité paradoxale dans l’accès à l’aide alimentaire communale pour les enfants.
En effet, malgré une tarification sociale dans les cantines, l’aide réelle (en euros) versée par la collectivité profite davantage aux familles les plus aisées. Cela s’explique par le fait que ces familles, souvent bi-actives, utilisent davantage le service de restauration scolaire. À l’inverse, un enfant issu d’un ménage pauvre, bien que bénéficiant d’un tarif réduit, y recourt parfois de façon très occasionnelle.
Résultat : une aide moindre pour les familles les plus en difficulté.
Dans la perspective de 2032, il devient indispensable de repenser l’ensemble de la politique communale d’aide à l’alimentation, en tenant compte à la fois de la quantité, de la qualité et de l’accès effectif aux dispositifs.
Un enjeu fort pour les CCAS
L’évolution récente des besoins permet d’anticiper les défis à venir. À ce titre, les CCAS doivent jouer pleinement leur rôle de vigie et de force de proposition dans le débat public. Ils peuvent alerter, objectiver les besoins et rappeler que l’aide alimentaire est désormais un levier incontournable de l’action sociale, pour un nombre croissant de ménages et qu’elle le sera plus encore demain.
Pour aller plus loin : Découvrez les Plans Alimentaires Territoriaux sur agriculture.gouv.fr