Les réformes du système de protection sociale
Si chacune des réformes engagées dans le champ de la protection sociale répond à des objectifs d’intérêt national, elles ont pour effet collatéral de renforcer la pression sur les dispositifs d’action sociale de proximité. Les CCAS, en tant que guichet de dernier recours, sont en première ligne pour amortir les conséquences locales de ces réformes.
L’exemple des retraites
l’allongement de la durée d’activité repousse l’âge d’entrée dans le statut de retraité. Ce recul a un effet direct sur les solidarités familiales, notamment dans les situations de dépendance : les personnes âgées de 60 à 65 ans, souvent sollicitées comme aidants familiaux, seront encore en activité professionnelle et donc moins disponibles pour accompagner leurs proches âgés. Cela entraînera un report de la charge d’accompagnement vers des intervenants professionnels, dont le financement repose, au moins en partie, sur les collectivités locales.
Par ailleurs, cette réforme des retraites entraînera également une baisse de revenus pour les sexagénaires ne pouvant valider une carrière complète. Cela générera de nouvelles demandes d’aides financières adressées aux CCAS.
Les réformes nationales
Le même mécanisme est à l’œuvre avec les réformes de l’assurance chômage, qui tendent à réduire la durée d’indemnisation ou le niveau de revenu des demandeurs d’emploi, particulièrement ceux de longue durée. Là encore, l’action sociale locale devra compenser partiellement les effets de ces ajustements.
Enfin, la réforme du RSA, qui introduit davantage de conditionnalité dans l’accès aux droits, pourrait entraîner des suspensions de droits. Ces interruptions de ressources fragilisant les ménages concernés conduiront à une sollicitation accrue aux aides facultatives délivrées par les CCAS.
En somme, chaque réforme nationale a une cohérence propre, mais ses impacts locaux sont souvent sous-estimés. La réduction des droits nationaux se traduit mécaniquement par une augmentation des besoins sociaux exprimés localement, que seuls les CCAS – dernier filet de sécurité – pourraient être en capacité d’absorber. Leur rôle, déjà central, est ainsi appelé à se renforcer durablement dans les années à venir.